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Il était une
fois - toutes les belles histoires commencent ainsi - dans
les années 63-65, un jeune homme de 16-18 ans qui,
dans son quartier, avait repéré une voiture
jaune d'une beauté inqualifiable.
A chaque passage sur
le trottoir, il ne pouvait s'empêcher de l'admirer.
Ses deux yeux suffisaient à peine pour scruter ses
formes extraordinaires. A cet âge-là il
connaissait déjà la berlinette Alpine
très présente dans différentes
compétitions mais celle-là avait quelque chose
d'indéfinissable qui attirait sa
préférence.
Renseignement pris auprès des voisins, la belle -
immatriculée dans le 75 - appartenait au cascadeur,
alors en vogue, Michel Norman. Il fréquentait une
accordéoniste connue dans la région
nantaise.
Cette auto portait le nom de Djet et c'est ainsi que la
passion est née.
Ce garçon qui s'intéressait déjà
à l'automobile sous toutes ses formes c'était
moi. Dans les conversations entre copains passionnés,
mes préférées étaient :
- la Lamborghini Miura, la Ferrari Dino et cette Djet.
Bien sûr, la moindre photo dans une revue justifiait
l'achat pour prolonger le plaisir des yeux et entretenir
l'inaccessible rêve. Nous avons tous besoin de
rêver !
En 1983, Jean-Luc (notre actuel vice-président) avec
qui j'entretenais de bonnes relations - également
passionné d'automobile, et à l'époque,
collègue de travail et coéquipier de
volley-ball - découvre dans " Echappement " une
annonce de vente d'une René Bonnet Djet à
Nantes.
Ayant accédé à la
propriété en 1981, les finances sont
pâles et mon seul souci est d'aménager la
maison.
Mais comment résister à l'envie d'aller voir
l'objet situé de l'autre côté de la
ville ? Coup de téléphone, le véhicule
attend quelques clients potentiels mais est toujours
là. Rendez-vous est pris pour voir l'engin. C'est
l'automne et nous partons à trois un soir, au noir.
En route, je persuade Jean-Luc et l'autre copain de ne pas
trouver trop de qualité à l'auto pour un
éventuel marchandage. A l'arrivée, le portail
à peine ouvert, c'est l'extase sans aucune retenue.
Raté pour la négociation, d'autant que le
vendeur n'a pas la moindre intention de baisser son prix.
D'autres clients sont attendus et compte-tenu des travaux
effectués (une peinture neuve rouge Peugeot), le prix
est ferme : 15.000 F.
Ne connaissant rien aux détails techniques de l'auto,
je ne suis pas en position de jouer les caïds.
Retour, interrogation, que faire ? Ma femme sait que je
rêve de cette auto depuis toujours et admet qu'il
serait dommage de rater l'opportunité.
Finalement, grâce au banquier, l'affaire est conclue
et le soir où la voiture change de quartier je me
demande encore si je ne rêve pas. A chaque coup
d'il dans le rétroviseur du coupé Fiat
124 - pourtant bas mais pas autant que ma Djet - la paire de
phares qui suit est bien réelle.
La nouvelle carte grise à mon nom sera effective le 4
novembre 1983.
La visite détaillée du bébé peut
commencer...
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