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La visite
détaillée du bébé peut
commencer... C'est ainsi que je terminais la première
partie.
Vous ne devriez pas
être déçus, vous qui avez acheté
des autos incomplètes, sans carte grise, plus ou
moins " bidouillées ".
Bien sûr que je
suis content de mon acquisition pensez, non seulement je
trouve, près de chez moi, la voiture de mes
rêves mais de plus c'est une René
Bonnet.
Mon épouse,
malicieusement, l'aura très vite baptisée "
Tante Jeanne " comme dans la chanson de Gilbert
Bécaud mais surtout parce que son immatriculation
comporte les lettres TJ.
Je ne connais rien de
cette auto qui a hanté mes rêves, seule sa
silhouette m'accroche. Elle est si originale comparée
aux Alpine très en vogue dans les années
60.
Bien sûr, comme
beaucoup, j'ai pu satisfaire mon envie de Gord avec l'achat
(d'occasion) d'une R8 G 1100 en 1970. La belle aventure n'a
duré que quelques mois puisque, après une
période de réfection et de réglages, un
break 403 m'a expédié contre un mur de pierre
qui n'a pas aimé et l'auto encore moins.
L'hiver 83/84 se
passera sans intervention particulière. Le garage est
petit et les conditions météo pas favorables
à s'attarder très longtemps.
Régulièrement
je sors l'auto, j'en fais le tour pour m'imprégner du
moindre recoin.
Attention, la visite
détaillée commence, attachez vos
ceintures.
Extérieurement,
l'aspect est bizarre mais sympa.
Le museau a perdu ses petits feux ronds qui font, à
la fois, clignotants et antibrouillard. Des champignons
orange (vénéneux ?) remplissent cette
première fonction. Le capot s'articule vers l'avant
grâce à des charnières d'Alpine et des
moustaches semblent jouer un rôle de chasse-neige
devant les roues. Les passages de roues, justement, sont
très en relief. En y regardant bien, aucun des quatre
ne se ressemble. De belles écopes
trapézoïdales apportent, par les
côtés, un peu d'air frais à la
mécanique (croyance du moment).
Les portières
sont manuvrables en appuyant sur des poignées
de coffre de DS. Si la porte droite comporte une glace
coulissante verticale (à détourage
approximatif), la gauche est transpercée par une
trappe coulissante façon rallye.
La bulle arrière est verrouillée par un bouton
poussoir quelque peu décentré ! Les
charnières en alu, sur le toit, proviennent d'une
Citroën Ami 6. Les feux de côté
équipent les R6 et R12. L'échappement, double
sortie, placé en travers et raccordé au
collecteur par un flexible ressemble au silencieux que
j'avais monté sur ma première R8.
Les
feux, d'origine Simca, ne sont pas non plus un modèle
de centrage. Ouverture de la porte conducteur pour
contempler l'habitacle. Une magnifique moquette
bouclée bleu nuit recouvre la totalité du
plancher. Les deux sièges sont recouverts de housses
en véritable peau de mouton synthétique. Avant
de m'installer, j'enlève l'emballage pour m'assurer
de l'état des sièges. Ils sont d'origine
Bagheera, un vert et noir, l'autre jaune et noir. En point
commun, un état d'usure très avancé qui
justifie amplement l'usage de la housse. La planche de bord
(qui est une véritable planche en bois plaqué)
attire l'il. Pas de chance, le sens du fil est
vertical et le bon goût en prend un coup. D'autant
qu'un savant mélange d'instruments fait marier du
chromé rond avec du plat, du noir mat de mêmes
profils. Huit cercles bigarrés censés tout
mesurer ou presque :
-
vitesse en km/h, compte-tours, charge batterie, pression
d'huile, consommation instantanée, niveau d'essence,
température d'eau et... température
intérieure de l'habitacle.
Petit détail important... pas grand chose ne
fonctionne correctement.
Neuf voyants multicolores et six interrupteurs
complètent cette planche de Boeing.
Un petit volant gainé cuir est orné en son
centre d'un curieux missile (que l'on retrouve sur chaque
jante).
La boule de levier de
vitesse est en bois verni avec un superbe logo
émaillé... Talbot.
Derrière ma
tête, un coupe-batterie moderne en plastique rouge me
rappelle que le vendeur m'a bien recommandé de
l'ouvrir après chaque utilisation. Une fuite de
courant vide la batterie assez rapidement.
Une visite
derrière la planche de bord s'impose d'autant que je
n'ai pas l'intention de garder ce mélange
instrumental. Le temps de défaire quelques vis
très apparentes et la première partie du
spectacle commence.
Je
découvre les restes de l'ancien tableau en polyester
très grossièrement tronçonné.
Bien que la voiture soit rouge Peugeot, je retrouve ce qui
semble être sa première couleur : bleu
pâle métallisé.
Le circuit électrique mélange
allègrement les fils marron (d'origine) avec d'autres
couleurs. Des étiquettes de repère
s'entrecroisent avec des dominos, des soudures à
l'étain, des cosses plates et rondes.
Jamais je ne pourrai rouler avec une telle toile
d'araignée. Je referai le circuit électrique,
cela me rappellera la Gord qui avait subit le même
sort, il y a 14 ans.
La
dépose de la moquette me fait apparaître une
ouverture du tunnel central sur toute sa longueur, pourquoi
? Le coffre arrière a, lui aussi, été
aéré. Un plancher en agglo
surélevé par un cadre de baguettes en bois
laisse découvrir la boîte de vitesses. En fait,
le châssis a été renforcé avec
une traverse arrière de R8 et, à moins de
surélever la caisse, le fond de coffre en poly a
purement et simplement découpé puis
bouché par ce superbe plancher de bois habillé
d'une moquette bleu (boîte de) nuit.
Après découverte d'une tirette, je
décroche le capot. Bien qu'articulé vers
l'avant, le verrouillage d'origine est bien situé
à droite.
La belle peinture
extérieure laisse, ici, place au barbouillage blanc
et rouge. Une cornière en U, noyée dans le
poly, ne me dit rien qui vaille. Démontage du
réservoir pour découvrir un nez sanguinolent
car accidenté et réparé par des pros du
système D...
Résine
encore molle, papier journal, morceau de sac de ciment
tapissent l'intérieur du museau. Les porte-phares
sont très renforcés avec du papier
goudronné.
La visite continue,
suivez le guide !
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