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Jean-Pierre BELTOISE
Pilote RENÉ BONNET
 par Daniel Petitgrand


Jean-Pierre Beltoise a pris son dernier départ le 5 janvier 2015.
L'annonce de sa disparition soudaine a suscité une immense émotion parmi tous ceux, pilotes, amis ou simples fans, qui ont suivi sa carrière sur deux et quatre roues.
Nous sommes nombreux à avoir grandi, espéré, vécu avec Beltoise, à l'avoir souvent admiré et parfois haï, tant sa personnalité était forte et ne laissait personne indifférent.


Jean-Pierre-Beltoise

JE ME SOUVIENS ...

Je me souviens que la première fois que j'ai entendu parler de Jean-Pierre Beltoise, c'etait à l'occasion des 24 heures du Mans auxquelles j'avais réussi à entrainer mon père en 1963.
La vision de l'Aerodjet sortant des stands pour s'engager poussivement dans la montée de la courbe Dunlop aura sans doute eu une influence 40 ans plus tard ...

Je me souviens aussi que la seconde c'était par la voix de Tommy Franklin qui assurait le reportage des 12 heures de Reims 1964 à la radio.
Après avoir égréné de son inimitable voix de stentor les classements, il avait annoncé le grave accident de Jean-Pierre qui risquait de compromettre la carrière prometteuse de cet espoir du sport automobile français.

Bien plus tard je me souviens avoir retrouvé Jean-Pierre Beltoise à plusieurs reprises sur les circuits quand il courait en «Production» sur une Peugeot 505 des «Concessionnaires Peugeot» et que, plus modestement je courais en Rallye 2 et 205 Rallye dans le cadre du «Peugeot Talbot Sports».

Mais aujourd'hui c'est le Club D'Jet qui est orphelin de celui qui avait accepté de présider la remise du Trophée Capricorne en 2012 à Rétromobile.

Beltoise, Alves, C. Bonnet, Roy
Jean-Pierre Beltoise s'entretient avec Francisco Alves le lauréat 2012 du Trophée Capricorne.
A droite Claude Bonnet et Roland Roy.

Quelques-uns d'entre vous avaient aussi rencontré Jean-Pierre. Bernard Lavail et moi lui avions rendu visite sur le stand de son circuit de Haute-Saintonge à Rétromobile 2009, où nous l'avions convaincu de venir à la célébration Matra à Romorantin en 2009.
Là il nous a dit, visiblement un peu ému : «Romorantin c'est beaucoup de souvenirs pour moi, j'y viendrais bien, je vais voir ...»
Et il a tenu parole.


Rétromobile 2009 : Bernard tente en vain de lui de lui rappeler quelques souvenirs de la fin des années 50 quand il venait chercher des pièces avec sa Dauphine rouge.

Mais JPB ne se rappelait plus avoir eu une Dauphine rouge.

Ainsi que Stéphane Thomas pour un petit bout de chemin dans son Djet et un autographe (ci-dessous).


Depuis, beaucoup de média ont retracé sa carrière de pilote automobile, plus ou moins bien.

Car beaucoup avaient oublié que Beltoise a commencé sa carrière de pilote sur quatre roues chez René Bonnet en 1963 et que, après en avoir rêvé pendant plusieurs années, il a piloté les Djet, Aerodjet, barquette et monoplace de la marque de Champigny.

C'est cette partie de l'histoire de ce grand champion que nous voulons évoquer ici.


1. LE TEMPS DES COPAINS



Jean-Pierre Beltoise, né en le 26 avril 1937 à Boulogne-Billancourt, était l’ainé de cinq enfants dont les parents tenaient une boucherie à Paris.

Les voisins se souviennent que leur boucher avait un livreur ultra-rapide.

«Il avait la vitesse et la course dans le sang», raconte son ami Manou Zurini, photographe et sculpteur. «J’ai fait sa connaissance en 1957, par hasard, dans un bistrot parisien en l’écoutant discuter avec ses deux copains. Interloqué de les entendre dire qu’ils allaient sortir la Lotus, je me suis invité dans la conversation. Jean-Pierre m’a fixé rendez-vous le lendemain devant la boucherie familiale. La Lotus en question, qui faisait fantasmer tout le monde, était la Peugeot 203 tôlée servant aux livraisons».

La passion pour la course lui est venue en 1952, il a alors 15 ans, lors d’un séjour dans la maison de vacances familiale où il assiste au Grand Prix de La Baule. Là il remarque, une voiture bleue pilotée par un pilote français, la Gordini de Jean Behra qui s'est hissée à la 2éme place avant d'abandonner sur rupture du pont arrière.  Mais Jean Behra est  déja le pilote français le plus en vue après sa victoire à Reims en juin de cette même année.

Tout au long de sa carrière Behra restera un modèle pour Beltoise. Très tôt il exerce son goût pour la vitesse au volant de la 203 paternelle ou d’une moto Jonghi 250 cm3 qu’il bricole la nuit dans la cave de la maison familiale et pilote à grande vitesse dans les rues de Villeneuve-le-Roi. « Plus bruyante que les réacteurs d’un Boeing, sitôt aperçue sitôt disparue, dans un grondement de tonnerre, c’était la bande à Jean-Pierre Beltoise ».

Sa première voiture, il s'en est souvenu toute sa vie. «C'était une BNC, en 1956. Je me baladais à Paris et je découvre garée le long du boulevard Saint-Michel cette petite sportive qui était à vendre. J'ai eu un véritable coup de foudre. Il me la fallait. Je ne sais plus comment j'ai fait pour trouver le pognon, mais je me suis débrouillé et j'ai pris un crédit.»

«Puis j'ai acheté le break 403 de mon père et ensuite de nombreux autres breaks pour transporter mes motos de course.»

En 1957 Beltoise effectue un stage de mécanicien chez D.B, le seul constructeur de voitures de courses en France à cette époque après le retrait de Gordini.

L’histoire retiendra que ce stage n’eût pas de suite, mais Claude Bonnet nous a raconté que Beltoise avait du mal à arriver à l’heure le matin. Le rêve s’envolait ; « … Là devant René Bonnet, j’étais déçu comme je ne l’ai jamais été. Je perdis mon emploi de mécano. C’était normal. Il m’arrivait de ne pas venir à l’atelier. Sans prévenir. » confiera-t-il plus tard.

C’est à ce moment qu’il décide de suivre l’exemple de Behra, son idole, en se lançant dans les courses moto.


Jean-Pierre Beltoise pilote René Bonnet   1    2    3    4    5    »  

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