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LES JOURNÉES BLEUES DU MANS SUR LE BUGATTI
12 mai 2002

Cette année, l'Automobile Club de l'Ouest et le Rotary Club Le Mans Berengère organisaient pour la deuxième fois une journée "circuit", visant à rassembler les voitures françaises (authentiques ou d'un modèle de série similaire) ayant participé à la célèbrissime course des "24 HEURES DU MANS" depuis les origines.

D'où l'appellation de "Journées Bleues".

Parmi une longue liste de "bolides bleus", admis à participer à la manifestation, figuraient donc les René Bonnet Djet, ex concurrents des années 1962, 1963 et 1964.

Bien sûr, les D'Jet en version Matra n'étaient pas théoriquement éligibles mais, par une "assimilation naturelle" dont nul ne se plaindra, dans la pratique ils étaient néanmoins admis par les organisateurs.

Les reportages photos parus dans la presse auto, relatant la première édition, m'ayant permis de constater la présence d'un bon nombre de D'Jet, je tenais cette année à vivre cela "de l'intérieur", avec mon auto.

La "révision annuelle" du Djet fut donc menée rapidement : réglage des culbuteurs, vidange de la boîte de vitesses, resserrage et réglage des roulements de roues avant, échange du câble d'accélérateur (à l'inspection, l'ancien s'effilochait, prémice d'une rupture prochaine ; ou comment éviter la panne stupide), pompe à essence neuve (constatation du tuyau d'entrée d'essence desserti du corps de pompe, d'où fuite…), etc.

Deux pneus Michelin neufs sont commandés pour l'avant, mais le délai de livraison trop long empêchera leur montage à temps ; d'ailleurs ils ne sont toujours pas arrivés, au jour de la rédaction de cet article ! Tant pis, on va "tirer au maximum" les vieux Pirelli P6…

L'aller se fera en deux étapes de 300 km chacune, avec une halte de deux ou trois jours en Creuse (vive le "pont" de l'Ascension !).

Aussi, le dimanche 12 mai, départ à sept heures du matin, direction Le Mans (je sais Rose Marie et moi n'étions pas très matinaux sur ce coup là, mais bon…). Après de grosses giboulées de pluie du côté de Loches, vers dix heures nous passions à Mulsanne (nom magique pour les amateurs de sport auto…) puis nous nous retrouvons sur la fameuse… ligne droite des Hunaudières, un lieu culte !

Et oui, tout au long de l'année cette portion de route nationale en provenance de Tours n'est qu'une route normale, elle n'est bouclée et intégrée au "grand circuit" qu'à l'occasion des 24 Heures (et des essais d'avril).

Néanmoins, sur ce tronçon, ouvert à la circulation en temps normal, l'ambiance "course" est éclatante, de par l'environnement : vibreurs multicolores, panneaux de signalisation, rails, etc.

Ca met dans l'ambiance, avec un petit pincement au cœur…

Pour le Djet, c'est en quelque sorte le retour aux sources, à ses origines, à sa raison d'être, cela sent l'écurie, plus que partout ailleurs !

Dix heures quinze, formalités d'entrée dans l'enceinte du circuit Bugatti (plus petit, mais permanent), après 315 km de route.

Le soleil revenu, ne nous quittera plus de la journée.

Les commissaires techniques de l'A. C. O. vérifient les conditions d'admission de l'auto sur la piste : casques, extincteur, ceintures, fonctionnement des feux stops et clignotants… et nous remettent les horaires des plateaux de la journée, avec un autocollant permettant l'accès en pré-grille.

Une fois tout cela mis au point, petit tour sur les parkings d'exposition des voitures participantes : quelques vraies voitures de course "historiques" : Matra 630 et barquette, Inaltera, CD Panhard et CD Peugeot, Alpine proto et de nombreuses sportives françaises "routières" : Alpine, DB, CD Panhard et… Matra !

Mais aussi des sportives anglaises, allemandes, etc. L'A. C. O. ayant apparemment élargi le cadre de sa manifestation.

Quand je dis Matra, il s'agit essentiellement de D'Jet… J'en dénombre ainsi vingt trois ou vingt quatre ! (Dont quatre René Bonnet). C'est assez plaisant de détailler cette auto dans de multiples versions, couleurs, petites variantes d'équipement et états de présentation.

Certaines sont très belles, d'autres très… "sorties de grange" ! Mais dans l'ensemble, le niveau de présentation est bon, témoin du travail de sauvegarde accompli par les amateurs de cette voiture.

Je note l'absence du René Bonnet type "Aérodjet Le Mans 1964" qui était présent l'année précédente (Cf. le reportage paru dans le magazine "Gazoline" n° 73), mais je rencontre un récent et sympathique membre de notre club, Yves Hatton, présent avec un Djet Matra-Bonnet parmi les tous premiers sortis, le 11ème mis en circulation en mars 1965.

Il présente des particularités du début de la production : absence de boîtier de fusibles (comme sur les René Bonnet donc) et pas de "moulure" dans la carrosserie, à l'arrière du hayon, permettant de passer les doigts et de soulever celui-ci.

Pour pallier cette absence, un système de ressort, caché dans la feuillure, soulève légèrement le hayon, lorsqu'on actionne le bouton poussoir, permettant ainsi de l'attraper (comme sur les capots de René Bonnet Missile, paraît-il…) Un système abandonné ensuite en cours de production, donc.

A onze heures quinze, un plateau "Matra" se constitue en pré-grille : nous coiffons nos casques et c'est parti au milieu d'un essaim de Djet, sur le circuit Bugatti !

J'y vais assez tranquillement, car je ne connais pas le tracé et aussi je n'oublie pas que le Djet doit assurer une longue route de retour le soir… D'ailleurs je constate que parmi les autres participants, ce n'est pas non plus en général, la "grosse attaque", à la différence de ce que j'ai pu vivre sur d'autres sorties sur circuit.

Cependant, à un moment, je vois arriver dans le rétro la Matra 630… L'instant d'après, elle me passe dans un souffle et s'envole au loin sur la piste, dans le fracas des échappements de son V12 !

Une vision impressionnante, qui se reproduit un peu plus tard, avec le passage du proto Inaltéra…

Ce sont des autos qui semblent d'une autre planète !

Au bout de vingt minutes, fin de la série de tours et bientôt l'heure de la pause déjeuner où nous nous occupons de notre casse-croûte.

Dans l'après-midi, la décontraction s'installe dans le rigide timing de plateaux bien précis, initialement prévu par l'A. C. O. et finalement tout cela se transforme en "essais libres" où tout le monde tourne à peu près quand il veut, dans un joyeux mélange.

Pourquoi pas ? Pour nous l'après-midi se passe plutôt en spectateurs, je photographie la plupart des Djet présents car nous ne tarderons pas à reprendre la route du retour : après vérification du niveau d'huile, direction le sud-ouest ; vers seize heures trente nous quittons le circuit et faisons le plein de carburant.

Environ 550 km plus loin, tard dans la soirée, c'est le retour au bercail, un peu fatigués bien sûr mais contents.

Il reste le souvenir d'une belle "journée bleue" donc, avec de ma part un conseil à formuler : si l'Automobile Club de l'Ouest réédite cela l'année prochaine, membres du club D'Jet n'hésitez pas à faire prendre l'air à votre René Bonnet ou Matra, cela lui permettra de rencontrer ses petites sœurs et vous, vous ne serez pas déçus !

Crédits : Reportage et photos : Olivier Pierrot
 

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